Business · 28 août 2026 · 7 min
Hermes Agent : mon assistant IA local au quotidien
Quittances de loyer confirmées sur Telegram, veille Shopify et IA automatisée, brouillons de factures prêts en fin de mois : ce que fait vraiment Hermes Agent, tournant sur un vieux MacBook Pro.

Depuis quelques semaines, j’ai un MacBook Pro 2019 qui ne sert plus qu’à ça : faire tourner Hermes Agent, l’agent IA open source de Nous Research. Voici ce que j’en fais concrètement, au-delà de la démo, avec un peu plus de détails techniques sur ce qui tourne sous le capot.
Pourquoi un agent qui tourne en local, avec DeepSeek comme modèle
Hermes Agent s’installe en local (macOS, Windows, Linux) et se connecte à Telegram, Discord, Slack, WhatsApp, Signal, Email ou en CLI. Faire tourner l’orchestration en local ne veut pas dire que le modèle qui répond tourne dedans : un MacBook Pro 2019 n’a ni le GPU ni la RAM pour faire tourner un modèle correct en local. J’ai réglé le modèle par défaut sur DeepSeek plutôt que sur un abonnement Claude ou GPT classique, surtout pour le coût par token, nettement plus bas, ce qui compte quand l’agent tourne en continu sur de la veille et des tâches planifiées. Tout le reste, la mémoire, la configuration, les clés d’API, l’historique des conversations, la logique d’approbation des commandes, reste local sur ma machine. Seul l’appel au modèle sort vers l’API de DeepSeek. Pour du 100% local, Hermes supporte aussi Ollama ou LM Studio via un endpoint OpenAI-compatible, mais ça suppose une machine avec un vrai GPU, ce que mon MacBook 2019 n’a pas.
La mémoire persistante, concrètement
Rien de sophistiqué côté architecture : Hermes stocke deux fichiers texte dans ~/.hermes/memories/. MEMORY.md garde les notes de l’agent sur mon environnement et mes conventions (plafonné à 2200 caractères), USER.md garde mes préférences et ma façon de communiquer (plafonné à 1375 caractères). Ces fichiers sont injectés dans le prompt système au début de chaque session, en figé : ils ne changent pas en cours de conversation, ce qui garde le cache de préfixe du modèle efficace. Quand la mémoire est pleine, l’agent doit consolider ou supprimer avant d’ajouter, plutôt que de perdre des entrées sans prévenir. Pour retrouver une conversation plus ancienne qui n’est plus dans la mémoire active, un outil de recherche indexe tout l’historique dans une base SQLite locale, en texte intégral. Et chaque entrée passe par un scan de sécurité avant d’être acceptée, pour bloquer les tentatives d’injection de prompt ou de fuite d’identifiants qui traîneraient dans une conversation.
Les quittances de loyer, sans y penser
Chaque mois, Hermes prépare la quittance de loyer et m’envoie un message Telegram pour validation avant tout envoi. Je confirme en quelques secondes depuis mon téléphone, souvent sans être devant un ordinateur. Ça paraît anecdotique, mais c’est le genre de tâche répétitive qu’on finit toujours par oublier ou repousser en fin de mois.
La veille Shopify et IA, résumée plutôt que scrollée
Plutôt que de suivre moi-même les changelogs Shopify et l’actualité IA, j’ai mis en place des tâches planifiées qui font cette veille à ma place et me remontent l’essentiel sur Telegram. Je garde le contrôle sur ce que je lis vraiment, mais je ne pars plus de zéro chaque matin.
Les factures de fin de mois, préparées à l’avance
En fin de mois, Hermes me prépare un brouillon de mes factures. Il ne les envoie jamais lui-même, je valide et j’ajuste ce qui doit l’être avant de les faire partir. C’est la partie administrative que je repoussais le plus, et qui prend maintenant dix minutes au lieu d’une soirée.
Et tout le reste
Une fois ces automatisations en place, le réflexe change : avant de faire une tâche répétitive moi-même, je me demande si Hermes peut s’en charger. Ce n’est pas toujours le cas, mais assez souvent pour que ça vaille le coup d’essayer à chaque fois.
Les niveaux de sécurité
C’est la partie qui m’a le plus rassuré avant de laisser l’agent toucher à des documents administratifs. Hermes fonctionne avec plusieurs couches de sécurité indépendantes.
- Approbation des commandes : trois modes possibles, du mode « smart » par défaut, où un modèle auxiliaire évalue le risque et n’escalade que les cas incertains, au mode manuel où tout est validé à la main. Une liste noire de commandes irréversibles (formatage disque, suppression récursive à la racine) reste bloquée quel que soit le mode choisi.
- Autorisation par plateforme : sur Telegram, un système d’appairage génère un code à usage unique de 8 caractères, valable une heure, avec limitation du nombre de tentatives et blocage automatique après 5 échecs.
- Isolation des sessions : chaque conversation garde son propre contexte, sans accès aux données ou à l’état des autres sessions en cours.
- Fichiers protégés : les dossiers sensibles comme
~/.ssh/,~/.aws/ou les fichiers.envrestent toujours hors d’atteinte de l’agent, peu importe la configuration choisie. - Filtrage des identifiants : les erreurs remontées par les outils sont nettoyées automatiquement, les clés d’API et tokens sont remplacés avant d’atteindre les logs ou les messages envoyés sur Telegram.
Pour qui veut aller plus loin, Hermes propose aussi des environnements d’exécution avec isolation croissante : en local, ce que j’utilise, via SSH sur une autre machine, ou dans un conteneur Docker durci, avec les capacités Linux retirées puis rajoutées au strict nécessaire et une limite de process pour éviter les fork bombs. Si je devais un jour laisser l’agent exécuter du code plus librement, Docker serait la première étape avant de faire confiance à un accès direct à ma machine.
Pourquoi c’est intéressant pour la suite
Ce qui me fait dire que ça vaut le coup de suivre le projet, c’est l’architecture derrière plutôt que les automatisations que j’utilise déjà. Le cœur de Hermes est agnostique de la plateforme : le même agent répond sur Telegram, Discord, Slack, en CLI ou par email, via une passerelle qui gère plus de 25 adaptateurs différents. Il peut déléguer une tâche à des sous-agents isolés pour paralléliser le travail plutôt que de tout faire en séquence. Et Nous Research annonce une intégration en cours pour brancher l’agent directement dans des éditeurs comme VS Code, Zed ou JetBrains. Pour un développeur, ça veut dire que l’agent qui gère mes quittances aujourd’hui pourrait, demain, tourner dans mon éditeur pour des tâches de code, avec la même mémoire et les mêmes automatisations déjà en place.
En résumé
Pour un développeur freelance, Hermes Agent ne remplace rien de mon métier, mais il absorbe une bonne partie de l’administratif récurrent : quittances, veille, brouillons de factures. L’orchestration tourne en local sur un MacBook Pro 2019 qui autrement prendrait la poussière, avec DeepSeek comme modèle pour garder un coût par token bas sans dépendre d’un GPU que cette machine n’a pas. Les couches de sécurité (approbation des commandes, isolation des sessions, fichiers protégés) sont ce qui me permet de lui faire confiance sur des documents réels. Si tu as une vieille machine qui traîne et des tâches répétitives qui reviennent chaque mois, ça vaut le coup d’y jeter un œil.


